Les aventures de Sherlock Holmes – Arthur Conan Doyle 1/2

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15 janvier 2015 par sweetmadonna

Le premier recueil de nouvelles autour du célèbre détective créé par Arthur Conan Doyle, nommé Les aventures de Sherlock Holmes, est composé de 12 oeuvres écrites entre 1891 et 1892. Nous allons donc, dans cette première partie, parler des 6 premières : Un scandale en Bohème, La ligue des rouquins, Une affaire d’identité, Le mystère de la Vallée de Boscombe, Les cinq pépins d’orange et L’homme à la lèvre tordue. Quelques particularités sur ses nouvelles avant toute chose : elles ne se déroulent pas dans l’ordre chronologique et obligent donc à une petite gymnastique intellectuelle pour se repérer dans le Sherlockverse et Arthur Conan Doyle s’amuse à troubler le lecteur au sujet de Watson comme nous allons le voir assez rapidement.

 

 

Un scandale en Bohème

 

La première nouvelle du recueil va marquer Sherlock Holmes à vie. Chronologiquement, l’histoire d’Un scandale en Bohème se situe en mars 1888, soit 4 ans après Une étude en rouge, 7 ans après la rencontre Watson/Sherlock et 6 mois avant Le signe des Quatre. Voilà pour la situation temporelle. L’histoire désormais : le roi de Bohème demande à Sherlock Holmes de récupérer une photo possédée par une ancienne conquête, Irène Adler, afin de ne pas mettre en péril son futur mariage. L’objectif de Sherlock Holmes est donc simple : trouver où Irène cache cette photo et mettre la main dessus. Mais Irène Adler se révélera un adversaire redoutable pour notre détective… L’originalité de la conclusion fait de cette nouvelle une oeuvre à part (pour le moment, et d’après la lecture de la suite, c’est en effet le cas), et le personnage d’Irène Adler, que l’on ne reverra pas par la suite, restera pour Sherlock Holmes comme LA femme. Un récit court mais très sympathique. Ou Watson semble marié à une femme qui n’est pas Mary Morstan…

 

La ligue des rouquins

 

Cette nouvelle prend place en 1890, soit deux ans après Le signe des Quatre. On y retrouve une histoire pour le moins originale dans son introduction et l’annonce du problème rencontré par le client, qui essaie de comprendre pourquoi le petit travail d’appoint bien rémunéré qu’il avait obtenu à La ligue des rouquins venait de s’arrêter d’un coup, sans raison apparente. La résolution de cette enquête et sa conclusion sont par contre un peu plus « classiques », les guillemets étant de rigueur vu l’ancienneté de l’oeuvre. Le tout est assurément efficace et les déductions de Holmes sont toujours aussi impressionnantes de détails et de précisions. On notera qu’il n’est plus fait mention de l’usage de drogues par Holmes, alors que certains moments s’y seraient parfaitement prêtés.

 

Une affaire d’identité

 

Située chronologiquement entre Un scandale en Bohème et Le signe des Quatre (en 1888 donc), cette nouvelle voit une jeune femme, Mary, contacter Sherlock Holmes pour retrouver son fiancé disparu juste avant leur mariage. Cette fois-ci, l’identité du coupable est très facilement trouvable, constituant sans doute la plus simple affaire traitée depuis le début des aventures de notre détective. Pas vraiment l’histoire la plus passionnante qui nous ait été proposée donc, mais le style reste bien évidemment efficace et on lit cette histoire avec plaisir, d’autant que cette fois, on est plus aisément capable de suivre Sherlock. Une nouvelle anecdotique.

 

Le mystère de la Vallée de Boscombe

 

 

Avec une action se situant en 1889 (entre Le signe des Quatre et La ligue des rouquins), Le mystère de la Vallée de Boscombe va permettre à Sherlock Holmes d’éviter la condamnation d’un jeune homme accusé à tort de parricide. Comme pour la nouvelle précédente, l’identité du réel coupable se trouve assez facilement une fois le cadre de l’affaire posé. Mais on appréciera toujours autant la facilité avec laquelle Holmes parvient à reconstituer une suite d’événements à partir d’un détail apparemment insignifiant. On reste toujours dans de l’agréable, mais rien de révolutionnaire ici non plus. On notera juste que Sherlock Holmes ne semble pas considérer que les coupables doivent absolument finir en prison.

 

 

Les cinq pépins d’orange

 

Si on peut être relativement déçu des deux précédentes nouvelles, celle-ci devrait aisément réconcilier les fans de Sherlock Holmes avec Arthur Conan Doyle. Les cinq pépins d’orange, dont l’action se situe en 1887, soit après Une étude en rouge mais avant Un scandale en Bohème, est en effet un brillant exemple de ce que l’auteur peut nous offrir de mieux, condensé en quelques pages. En pleine tempête, un client vient toquer à la porte de Sherlock Holmes pour lui énoncer son problème : devenu le bras droit de son oncle, qui a quitté les Etats-Unis pour revenir en Angleterre, il a pris sa succession après la mort de celui-ci puis de son propre père, tous deux dans des circonstances étranges laissant penser à un suicide et un accident, mais après avoir reçu une drôle de lettre contenant cinq pépins d’orange et les initiales K.K.K. Sherlock Holmes parviendra à élucider le mystère assez rapidement mais l’une de ses décisions sera lourde de conséquences. Il s’en montrera d’ailleurs très affecté. On notera 2 choses concernant cette nouvelle : les coupables ne finiront pas en prison et Holmes évoque, au début de cette enquête, les échecs qu’il a eu à subir jusqu’à présent. On apprend ainsi qu’il a été mis en échec 4 fois : 3 fois par un homme (le même à chaque fois ?) et 1 fois par une femme (Irene Adler, dans Un scandale en Bohème). Il s’agira désormais de pointer les échecs de Holmes pour déterminer la cohérence de l’ensemble…

 

L’homme à la lèvre tordue

 

On termine cette première moitié de recueil par la sixième et dernière nouvelles, dont la conclusion est, si on est un tant soit peu attentif, prévisible. Se situant chronologiquement juste après Le mystère de la Vallée de Boscombe et avant La ligue des rouquins, L’homme à la lèvre tordue débute par une rencontre fortuite entre Watson, venu chercher le mari d’une amie et Holmes, en pleine enquête sur la disparition d’un homme dans une fumerie d’opium. Il sera donc de nouveau question des addictions d’Holmes à la drogue (puisqu’il reparle de la cocaïne à cette occasion). Mais aussi de Watson et de sa femme, dont il est toujours difficile de connaître l’identité. Notons également que Watson est appelé par sa femme James… (et plus John donc). Concernant l’enquête, elle offre un contexte original mais, donc, une conclusion assez prévisible au final. Le tout demeure malgré tout très sympathique à lire, comme toujours.

 

 

Cette première moitié du premier recueil de nouvelles autour du célèbre détective, si elle est composée d’oeuvres aux qualités inégales, constitue un excellent échantillon de ce que peut nous proposer Arthur Conan Doyle comme enquêtes. On retiendra plus particulièrement la nouvelle Les cinq pépins d’orange, qui semble la plus aboutie. Ces histoires nous permettent aussi de nous rendre compte de la complexité de l’univers holmésien : chronologie anarchique, relations entre personnages floues (Watson et ses femmes, son prénom…), éléments volatiles (l’addiction d’Holmes à la drogue)… De quoi passer de longues heures à éplucher les textes pour démêler tout cela. Pour vous y retrouver dans la chronologie des oeuvres, n’hésitez pas à aller jeter un oeil sur cete page, très bien faite : http://www.sherlockpeoria.net/Who_is_Sherlock/SherlockTimeline.html

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