Moby Dick – Herman Melville

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23 septembre 2014 par sweetmadonna

Et oui, il fallait bien que cela arrive un jour. Je vais vous parler aujourd’hui d’un roman qui n’est ni un Jules Verne, ni un David Gibbins, in un Stephen King. Il s’agit plutôt d’un grand classique de la littérature américaine datant de 1851. Il s’agit donc d’un titre antérieur aux Jules Verne déjà présentés et, par conséquent, du plus ancien roman dont j’aurais parlé sur ce blog. Alors oui, cela fait bien longtemps qu’il n’y a pas eu d’articles sur Il était une fois un roman. Mais j’ai été très occupé par Il était une fois un manga et le retour de Manhwa France, sans compter que Moby Dick, c’est tout de même 572 pages écrites en tout petit : c’est donc long à lire ! (oui, je me cherche des excuses).

 

 

L’auteur : Herman Melville

 

Né en 1819, Herman Melville se servira longtemps de son expérience personnelle pour écrire ses romans. Parti sur un baleinier à à peine plus de 20 ans, il aura une vie mouvementée avant de commencer à publier ses récits, en grande partie liés à sa propre expérience. Criblé de dettes, il devra terminer sa plus grande oeuvre, Moby Dick, en 1851 pour rembourser ses emprunts. Si le titre est un succès critique en Grande-Bretagne, il est plus froidement accueilli aux Etats-Unis. Sa carrière sera alors ponctuée d’échecs répétés, que cela soit pour ses romans ou ses poèmes. Aujourd’hui, Moby Dick est considéré comme une oeuvre phare de la littérature américaine et son auteur l’une de ses figures historiques, notamment pour son style, au même titre qu’un William Faulkner. Enfin, petite anecdote amusante (mais à vérifier tout de même, Wikipedia n’étant pas 100% fiable), le chanteur Moby serait un parent éloigné de Melville. Un clin d’oeil intéressant à son aïeul de la part du musicien.

 

Il était un petit navire…

 

Commençons d’abord par la narration. Herman Melville décide de nous raconter l’histoire de Moby Dick via Ismaël, un marin habitué à faire de longues traversées en baleinier et qui a beaucoup de mal à rester sur la terre ferme, préférant fuir ses problèmes en allant en mer. Toute la première partie du roman nous permet donc de faire connaissance avec ce personnage, mais aussi avec la population de l’île de Nantucket, principalement constituée de marins et autres ouvriers de la chasse au cachalot. On y rencontrera Queequeg le sauvage, harponneur de son état, compagnon de chambrée d’Ismaël et futur compagnon de voyage à bord du Péquod. C’est aussi dans cette partie que nous verrons les prémices de l’ambiance proposée par Melville autour de cette chasse à la baleine : des augures, des prévisions, des prophéties, rendant inéluctable le destin de nos héros. Lorsqu’il est question de Moby Dick, on pense, généralement, à deux choses : cette monstrueuse baleine blanche et le capitaine qui s’est juré de la tuer, Achab l’unijambiste. C’est donc avec un certain étonnement que nous ne voyons apparaître Achab qui bien longtemps après le début du récit, d’abord uniquement nommé, sans apparition effective, puis en chair et en os, alors qu’un bon quart de l’histoire nous a déjà été narrée. Quant à Moby Dick… le terrible cachalot n’apparaîtra qu’à la toute fin, même si sa menace et sa présence tout le long du récit est indéniable.

 

 

Les dents (blanches) de la mer

 

Si l’affrontement Achab/Moby Dick nous est réservé pour les dernières pages, il est évident que les 500 qui précèdent ne sont pas sans intérêts. Comme le fera Jules Verne par la suite, Herman Melville va nous présenter en détails, parfois très en détails, ce qui fait la chasse au cachalot de l’époque. Que cela concerne la classification même des diverses espèces de cachalots, que ce soit les actions effectuées par les marins sur un baleinier, du menuisier qui répare les baleinières au dépeçage de la baleine (passages qui, forcément, ont un autre écho aujourd’hui où cette chasse est réglementée), en passant bien évidemment par le déroulement d’une chasse classique, Melville apporte moult détails sur le vie d’un équipage et nous emmène sur les mers du monde, croisant d’autres navires, certains joyeux du travail effectué d’autres inquiets de la perte de camarades… Un tel récit se doit évidemment d’être porté par des personnages charismatiques, marquants et mémorables. Si Achab est unique et pourrait, à lui tout seul, représenter le roman dans son ensemble, on ne peut pas ne pas citer Queequeg le harponneur, Stubb et Starbuck, les seconds d’Achab, ou Pip, personnage secondaire important sur la fin du récit. L’oeuvre de Melville, comme dit plus haut, se caractérise notamment par un style enlevé. Et ce style se révèle aussi bien dans les longues descriptions et énumérations que dans les dialogues ou monologues des personnages, comportant de grandes envolées et appuyant sur le côté fou de ces marins, poussés pour la plupart malgré eux vers une fin qu’ils ne peuvent éviter. Des passages ressemblants parfois à de longues tirades de théâtre, renforcés par quelques didascalies. On passe donc de passages très descriptifs à de longues introspections, et on quitte parfois la narration d’Ismaël pour se retrouver omniscient, observant les événements se déroulant sur le Péquod, lancé vers son destin funeste.

 

C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme… tintintin !

 

Evidemment, l’un des thèmes principaux de Moby Dick est la vengeance. Achab, obnubilé par le cachalot blanc, n’a désormais plus qu’un seul objectif, même si cela doit le mener lui et son bateau au fond de l’océan. Et Melville apporte, progressivement, son lot d’éléments pour nous orienter vers le final de son récit, enchaînant les mauvais présages, laissant un équipage désemparé et finalement porté malgré lui vers l’objectif de leur capitaine. Et, avec eux, le lecteur se retrouve emporté à la poursuite de cette baleine légendaire, avec le secret espoir d’une fin joyeuse bien qu’inespérée. On pourra, bien évidemment, regretter le style parfois trop bavard de Melville. Mais c’est pourtant ce qui apporte au titre tout son bagage, toute sa force et, comme le rappelle souvent Ismaël, ces divers éléments permettent de mieux comprendre et surtout de rendre parfaitement plausibles les événements de fin, avec cette baleine revancharde et ce duel marin ressemblant à ceux des temps antiques, où les héros combattaient les monstres fabuleux.

 

 

Echec lors de sa sortie devenu classique aujourd’hui, Moby Dick est un monument. L’histoire d’une vengeance obsédante, d’un capitaine devenu fou, vécue par tout un équipage embarqué contre son gré dans cette chasse à la baleine blanche. Un titre pas forcément facile d’accès à cause du style de l’auteur mais qui mérite que l’on s’accroche, comme un harponneur à sa baleinière. Et quand vous aurez fini de lire Moby Dick, il est bien possible que vous ayez un oeil plus conciliant envers les requins qu’envers les cachalots…

 

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