Une ville flottante – Jules Verne

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14 mai 2014 par sweetmadonna

Après avoir fortement relancé le blog Il était une fois un manga, il est temps de relancer Il était une fois un roman ! Et on reprend avec l’habitué du blog, à savoir Jules Verne. Et comme promis après l’article sur « Autour de la Lune », il sera question aujourd’hui d’une histoire courte de l’auteur, Une ville flottante, publiée initialement en 1871, où Jules Verne nous emmène faire une traversée de l’océan Atlantique à bord du Great Eastern pendant 120 pages.

 

 

Pour ce court récit, Jules Verne se permet de mettre en personnage principal le narrateur sans nous en donner le nom. Avec ce récit à la première personne, on pourrait aisément supposer qu’il ne s’agirait finalement que de Jules Verne lui-même, puisqu’il était connu pour être un adepte de ce genre de voyages. Le narrateur donc, un français, embarque à Liverpool sur le Great Eastern, un énorme transatlantique, véritable « ville flottante », en direction de New York. Des passagers aux origines diverses, aux buts différents, à l’histoire variée et finalement à l’image de notre monde contribuent à donner cette impression de voyager « dans un ville », tant l’immensité du bateau impressionne. Entre les divers problèmes techniques rencontrés au départ tout d’abord, puis au cours du voyage, et sa rencontre avec le docteur Pitferge, le capitaine Fabian Mac Elwyn et le capitaine Archibald Corsican, le voyage du narrateur sera loin d’être de tout repos et la traversée de l’océan verra d’autres évènements que les périples météorologiques venir pimenter quelque peu son destin.

 

En effet, après les habituelles séquences où Jules Verne nous montre ses connaissances technologiques de ces géants des mers, où il nous montre également que les voyages près de mers arctiques sont de vrais dangers (rappelez-vous des Aventures du capitaine Hatteras) même si le capitaine du navire a foi en son vaisseau (avec quelques allusions prémonitoires aux déboires futurs du tristement célèbre Titanic), Jules Verne instaure une histoire de fond issue de la rencontre avec les deux capitaines, Fabian, une de ses vieilles connaissances, et Corsican. Dévasté pour avoir du se séparer de sa bien-aimée, Ellen Hodges, mariée par intérêts à un homme qu’elle n’aime pas, Fabian broie du noir lors de cette traversée, effectuée pour retrouver en Amérique sa soeur. Le hasard, ou le destin, aura finalement réuni sur ce navire Fabian, sa bien-aimée Ellen, devenue folle, et son rival, Harry Drake, le mari d’Ellen. Le narrateur et Corsican, apprenant cette nouvelle, tenterons de faire tout leur possible pour éviter une rencontre entre les deux hommes, qui aurait de terribles répercussions. Mais les voies du destin sont parfois impénétrables…

 

C’est donc ce suspense, sur fond d’histoire d’amour contrariée, qui servira de fil rouge au roman. La « caution scientifique » habituelle de Jules Verne est cette fois incarnée en la personne du docteur Pitferge, un bien volubile personnage, qui n’est pas sans rappeler Jaques Paganel (Les enfants du capitaine Grant), la maladresse en moins. Une nouvelle fois, les personnages féminins sont secondaires. Si Ellen a une grande importance dans l’intrigue, sa présence est le plus souvent suggérée et ses apparitions, très rares, ne permettent pas vraiment d’en savoir plus sur la jeune femme.

 

Comme déjà dit plus haut, Jules Verne nous montre dans ce roman ses connaissances en matière de transatlantique, que ce soit les vaisseaux effectuant cette traversée ou la traversée elle-même, mais il en profite aussi pour nous présenter, en début de roman, le Liverpool de la fin du 19ème siècle, puis en fin de roman, le New York de la même époque bien évidemment et les chutes du Niagara. Oui, dit comme ça, on peut trouver le titre un peu fourre-tout. Mais l’auteur s’en sort très bien, même si la magnifique coïncidence de fin se sent venir de très loin… A noter que le roman est divisé en 39 « chapitres », rendant donc ainsi la lecture encore plus rythmée (3 pages par chapitre en moyenne).

 

Alors qu’il nous avait habitué à de longs romans, Jules Verne réussit avec Une ville flottante à condenser une histoire captivante en à peine 120 pages. Si tout se finit encore en un joli happy end, on appréciera cette lecture courte, enrichissante, parfois prémonitoire par ses remarques sur les dangers des voyages transatlantiques, intéressante pour sa vision du New York d’avant 1900 et pour cette description convaincante des chutes du Niagara. Bref, un récit qui invite au voyage, même si tout le monde n’aura pas le même objectif que Pitferge…. La suite ? Une autre courte histoire avec Les forceurs de blocus. Et qui devrait arriver bientôt sur le blog….

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