Vingt mille lieues sous les mers – Jules Verne

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20 octobre 2013 par sweetmadonna

S’il est un titre de Jules Verne qu’on ne présente plus, s’il est un personnage créé par le romancier connu de tout le monde, s’il est un sous-marin célèbre dans le monde entier, ce sont bien Vingt mille lieues sous les mers, le capitaine Nemo et son Nautilus. Pendant environ 600 pages, Jules Verne va nous mener à travers toutes les mers du globe, à la découverte d’un monde totalement inconnu par ses contemporains et qui est encore l’objet de nombreuses questions à l’heure actuelle.

Dans l’imaginaire commun (enfin, c’est l’idée que je m’en fais), Vingt mille lieues sous les mers est souvent synonyme de pieuvre géante et de grandes profondeurs. On se rend rapidement compte que la seconde idée est finalement très bête puisqu’il n’est pas question de profondeur dans le titre mais bien de distance, celle parcourue dans le Nautilus par nos héros. Quant à la pieuvre géante, même remarque que lorsque nous parlions du Tour du monde en 80 jours et son assimilation directe à une montgolfière inexistante dans le roman.

Commençons par poser les bases du récit. Tout débute en 1866, avec la panique qui gagne toutes les mers du globe après le naufrage de nombreux bateaux. Les divers témoignages parlant d’un cétacé aux dimensions phénoménales aboutissent à le mise au point d’une expédition américaine, la frégate nommée Abraham Lincoln se lançant à la poursuite de ce mammifère marin hors normes. A bord du bateau, le professeur Pierre Arronax, spécialistes des fonds marins et dont la théorie du cétacé géant est à l’origine de sa présence à bord de la frégate. Il est accompagné de son valet, Conseil, spécialiste en classsification : les espèces, genres, sous-genres et autres n’ont aucun secret pour lui. Le troisième passager clé est un vrai marin, pêcheur émérite et considéré comme l’un des meilleurs chasseurs de baleine du monde, le canadien Ned Land. Et voilà donc nos héros embarqués pour une longue croisière sur les mers du globe, à la recherche de ce cétacé, terreur des mers. Mais comme vous vous en doutez, c’est le Nautilus qu’ils vont rencontrer et non un immense cachalot. Et c’est en tant que prisonnier du capitaine Nemo que notre trio va parcourir les mers du globe, Ned Land gardant constamment en tête la fuite…

Comme vous le savez désormais, l’un des thèmes récurrents dans les romans de Jules Verne est la science, en particulier l’état des connaissances de son époque, agrémentée parfois d’extrapolations, assez souvent proches d’idées visionnaires. Et pour cela, l’auteur aime utiliser les connaissances d’un de ses personnages, grâce auquel il instruit ses lecteurs. Dans Vingt mille lieues sous les mers, le professeur Aronnax est bien évidemment une composante essentielle de ce thème, mais il est cette fois fortement aidé par son valet, Conseil, dont les connaissances sont complémentaires des siennes et par le capitaine Nemo, dont la technologie inconnue de ses contemporains ne pouvait être expliquée que par lui – Ned Land apportant également parfois son expertise en tant que chasseur, nommant les espèces rencontrées inconnues de Conseil par exemple. Nous voici donc avec un aspect scientifique plus poussé que précédemment, en grande partie parce qu’il est porté par plusieurs personnages au lieu d’un seul habituellement. Mais c’est aussi cet aspect qui va se révéler comme le plus gros défaut du titre, puisque la faune et la flore des fonds marins occupent une place bien trop importante. Parler d’ichtyologie, c’est bien évidemment original et paraissait essentiel avec un thème comme celui-ci. Trop en parler et se retrouver plusieurs fois avec une liste interminable de noms de poissons ou de plantes aquatiques, c’est nettement moins sexy et assez souvent rébarbatif. Il arrive donc assez souvent de décrocher en cours d’énumération… Un gros point noir donc, mais totalement compensé par le récit proposé et les merveilles que le capitaine Nemo va faire découvrir à ses passagers-otages.

Parler des différentes excursions que nous propose Jules Verne dans son roman serait quelque peu vous en gâcher la lecture. Sachez que chaque excursion est unique, chaque sortie sous-marine une pièce du puzzle composant la personnalité et l’historique du capitaine Nemo et que les surprises, nombreuses, devraient vous laisser aussi coi et émerveillé que le professeur Aronnax. Mais revenons un peu sur ce personnage emblématique de l’oeuvre de Jules Verne qu’est le capitaine Nemo. Incroyablement mystérieux, à la nationalité inconnue, au passage totalement sombre, aux motivations et buts totalement opaques et que très peu d’éléments vont permettre d’éclaircir tout au long du récit. Nous terminons même le récit sans savoir son destin final ni sans vraiment en savoir plus sur les raisons qui l’ont poussées à s’exiler sous la surface des mers… L’un des personnages les plus mystérieux de la littérature, des plus captivants, difficilement accessible même à bord d’un sous-marin. Mais nous devrions bientôt avoir de ses nouvelles…

Autre point à noter concernant Vingt mille lieues sous les mers : le récit est, à l’image de Voyage au centre de la Terre, écrit à la première personne, le narrateur étant le professeur Aronnax. Ce choix participe au flou qui accompagne le lecteur sur le capitaine Nemo, son équipage et son appareil. Le lecteur n’en sait pas plus que le narrateur, et l’atmosphère mystérieuse se dégageant de l’oeuvre est l’un des éléments permettant de reléguer au second plan le point noir énoncé plus haut.

Présentant l’un des personnages les plus célèbres de la littérature mondiale, Vingt mille lieues sous les mers est un roman dense, proposant des excursions sous-marines merveilleuses et conservant de grands mystères sur les origines de son héros et son devenir. Si certains passages composés essentiellement d’énumération sans fin d’espèces de poissons ou plantes pourraient en rebuter plus d’un, il faut passer outre et se concentrer sur l’essentiel : l’aventure narrée, passionnante de bout en bout. Prochaine étape de nos voyages extraordinaires, Autour de la Lune, suite du roman De la Terre à la Lune, nous permettant de savoir ce que sont devenus Michel Ardan et ses camarades.

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