Cinq semaines en ballon – Jules Verne

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7 octobre 2013 par sweetmadonna

Un bon gros mois après avoir terminé la lecture du  tour du monde en 80 jours, voici donc mon petit billet sur la première oeuvre de Jules Verne, Cinq semaines en ballon. Pas besoin donc de chercher plus loin les références aux montgolfières qui viennent à l’esprit dès que l’on parle de Jules Verne, notamment en ce qui concerne le tour du monde en 80 jours. Comme je l’avais déjà rappelé à l’époque, pas de trace de ballon dans ce roman, mais un imaginaire collectif qui associe inévitablement tour du monde à ballon. Le dessin animé japonais ayant sans doute sa part de responsabilité dans ceci, même si le point de départ doit être ce roman, le premier de son auteur, paru pour la première fois en 1863.

Cinq semaines en ballon fait partie des titres « réalistes » de Jules Verne, où les connaissances contemporaines suffisent à l’intrigue, dans un monde en tout point semblable à celui de ses concitoyens. Le « pitch » du roman est assez simple : le Dr Fergusson, éminent explorateur, met en place un projet fou, celui de traverser toute l’Afrique en ballon, dans le but premier de découvrir les sources du Nil. Pour se faire, il sera accompagné par son fidèle domestique Joe et son meilleur ami, Dick Kennedy, chasseur hors-pair.

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Jules Verne nous emmène donc, pendant 332 pages (édition Le livre de Poche, où un grand nombre de romans de Jules Verne sont parus avec la même maquette, rendant le tout très agréable à voir dans une bibliothèque), sur les traces des plus grands explorateurs du 19ème siècle. Le continent africain, alors fortement méconnu puisque difficilement accessible par les moyens de locomotion de l’époque, délivrera une grande partie de ses secrets durant ce siècle, qui aura vu se succéder des dizaines et des dizaines d’aventuriers en tous genres, affrontant mille dangers afin de faire progresser la connaissance du monde de leurs contemporains (et sans doute aussi un peu pour leur gloire personnelle). Beaucoup auront péri en chemin, que ce soit de maladie ou suite à de mauvaises rencontres. Le voyage du Dr Fergusson et de ses compagnons ne s’annonce donc pas de tout repos, même si le choix de leur moyen de transport doit leur éviter la très grande majorité des écueils rencontrés par leurs prédécesseurs.

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Le récit se fait en plusieurs étapes : présentation des personnages et de leur caractère via la mise en place du projet et les préparatifs qui en découlent, description assez précise du fonctionnement de l’aérostat confectionné avec grand soin par Fergusson, départ de Zanzibar et traversée – forcément mouvementée – de l’Afrique d’est en ouest. Et comme dans Le tour du monde en 80 jours, Jules Verne montre qu’il excelle dans les descriptions des paysages et des technologies de son temps. Cinq semaines en ballon, c’est un peu comme un carnet de voyages de l’époque, nous donnant la vision et la connaissance du 19ème siècle du continent africain par les européens. Et il s’agit là d’un point important à bien avoir en tête lorsque l’on lit les oeuvres de Jules Verne : lorsqu’elles sont, comme Cinq semaines en ballon ou Le tour du monde en 80 jours, du type « réaliste », il faut se mettre dans « l’ambiance » de l’époque, c’est-à-dire les empires coloniaux et la méconnaissance totale de l’homme noir en général. Les termes utilisés donc dans les romans de cette époque (« nègres », « sauvages », « singes ») ne sont que le reflet de la « normalité » du moment et aucunement une marque de racisme. Pas besoin donc d’intenter un procès à Jules Verne comme cela a été le cas pour Hergé et son Tintin au Congo… Les oeuvres d’une époque ne sont que le reflet de celles-ci, avec ses qualités et ses défauts.

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Mais mettons cela de côté et intéressons nous plus en détail aux évènements narrés par Jules Verne dans Cinq semaiens en ballon. Ayant pris de nombreuses précautions, le Dr Fergusson et ses compagnons ne rencontrent d’abord que de rares incidents, hormis quelques acrochages avec des autochtones tantôt apeurés tantôt émerveillé par l’engin fabuleux qui apparaissait sous leurs yeux. Mais la fin du voyage sera plus mouvementée, entre manque de vent en plein désert, attaques d’oiseaux et course-poursuite effrenée. Bref, suffisamment d’action pour conserver l’intérêt du lecteur, avec un récit parsemé de détails concernant les précédentes expéditions africaines. Une preuve de plus de l’extrême documentation réalisé par l’auteur.

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Côté personnages, pas de femmes dans ce roman (à l’instar de Mrs Aouda dans Le tour du monde en 80 jours). Le personnage principal, le Dr Fergusson, a quelques traits de caractères le rapprochant de Phileas Fogg (même si l’inverse serait plus vrai étant donné la chronologie des romans), notamment cette propension à rester impassible et calme durant les évènements les plus violents. Certes, il parait nettement plus ouvert que Fogg mais le rapprochement est inévitable, comme il est inévitable de rapprocher Passepartout de Joe. Les deux domestiques sont tous deux de véritables gaillards, acrobates, mettant leur vie en jeu pour leur maitre. Joe en fera d’ailleurs preuve de bien audacieuse façon… Quant à Dick Kennedy, il est l’ami du docteur, tout d’abord réticent à l’idée de ce voyage qui lui semble complètement fou puis d’une aide précieuse quand il s’agit de se procurer du gibier ou de repousser des ennemis trop pressants. En bref, un trio de casse-cou, véritablement attachant et écclectique, mais totalement complémetaire.

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Dans sa structure du récit, Jules Verne parvient une nouvelle fois à réaliser quelques prouesses. Comme lors du final du tour du monde en 80 jours, l’auteur nous propose de suivre certains évènements en alternance, la « conclusion » permettant de relier ceux-ci. Bien évidemment, il s’agit là d’un des moments les plus marquants du tome, l’un de ceux qui auraient pu mettre en péril le voyage entrepris. Un passage très réussi, qui captive le lecteur et lui fait lâcher un soupir de soulagement lors de son dénouement.

S’il a beaucoup travaillé sur l’oeuvre avant cette publication finale, Jules Verne réussit tout de même une jolie performance pour un premier roman. En effet, difficile de lui trouver de réels défauts tant il remplit parfaitement son contrat de romans d’aventures et d’exploration d’une contrée inconnue. Et on comprend mieux pourquoi celui-ci n’est que le début des Voyages extraordinaires de l’auteur, comptant plus de 60 oeuvres sur près de 50 ans. Tout un programme donc ! Ce qui m’amène à ma prochaine lecture : Voyage au centre de la Terre, second roman de Jules Verne sorti en 1864. Mais ça, ce sera pour dans quelques semaines…

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